Les blogs
du village
VESUNA

VESUNA

La Revue du patrimoine

S'inscrire à la newsletter du village

Statistiques
Nombre de visites : 670 249
Nombre de commentaires : 47
Nombre d'articles : 255
Dernière màj le 18/01/2018
Blog créé le 26/08/2009

S'inscrire à la newsletter du blog

S'inscrire au fil RSS
Bienvenue sur mon blog !

VESUNA - REVUE LITTERAIRE et ARTISTIQUE
   DU PATRIMOINE PERIGORD-DORDOGNE


LePrix VESUNA 2016 et la contribution de JJ Dallemand  sous le signe de l'EGREGOR, parution disponible dans le Bulletin de l'ADRAHP (archéologie , histoire et préhistoire).

Bulletin disponible sur : adrahp.fr



Première conférence disponible : L'EGREGOR (l'apprentisage au XI° siècle en confréries).
Deuxième conférence disponible : TALLEYRAND OU LE GENIE DIALECTIQUE.
Deuxième conférence disponible :

BAUDELAIRE OU LA FOLIE ESTHETIQUE  : paru en librairie (à commander à la Librairie Montaigne de Bergerac .......Librairie des Ruelles à Périgueux.......Librairie Aubarbier à Sarlat.........

Troisième conférence : autour de : "Cinquième dragon ailé" - un recueil de vingt lettres poétiques et ésotériques adressées à la déesse tutélaire Vesuna.
Deux après-midi dédicaces/ conférences sur réservation auprès de votre librarie "Les Gargouilles" - 7 rue Buffon à Bergerac - Tél : 0524103198 -
 Conférence et dédicace le JEUDI 8 FEVRIER : Une séance à 15Heures et en soirée à 2OHeures. Sur réservation de préférence !


JEUDI 22 FEVRIER - idem-

L'actualité :  L'Académie des Sciences, des Beaux-Arts et des Belles-Lettres du Périgord-Dordogne a tenu sa séance annuelle au château MOUNET-SULLY de Bergerac, suivi du chapitre d'élection ; Voir la liste des élus ci-dessous......

Peter Hodges, fameux traducteur de Boris Vian et auteur...... nous présente :  "Le Journal de Papa"...à lire dans nos colonnes.
Autres auteurs élus en Octobre 2017 qui seront reçus à l'Académie en Juin 2018 :

Georges LABROUSSE......Historien.
Peter HODGES - auteur Australien (et aussi traducteur de Boris Vian).
Sont déjà membres de l'Académie -reçus en Octobre 2016-  
Jacques TEULET - artiste-peintre post-symboliste-
Philippe BACHMAIR -  maître-métallier ferronnier d'art -
Roger TRENEULE - guide-émérite du patrimoine -

En prévision : Dés le printemps :  Autour de Baudelaire, une journée d'animation en compagnie d'un grand Chef de cuisine.

A paraître au printemps 2018 : "L'Après-midi d'un fauve", précédé de :
"Journal de choses"....Copyright J.J Dallemand

En décembre 2018 : en prévision au SOLE VINO de Bergerac, sur le thème "Inverno caldo", une semaine d'animation picturale avec une trentaine de jeunes artistes sélectionnés. Contact : 0553530421.









<< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 >>

Benoît ESPALLIER

 18/01/2018
Autodidacte mais néanmoins virtuose : Benoît Espallier qui deviendra probablement un artiste au destin confirmé d'ici peu, que les collectionneurs avisés s'arracheront......

Suite à la première exposition au sein de la scénographie signée par votre serviteur -14 Juillet/15 Août- (Couleurs Pourpre) au cloître des Récollets de Bergerac, Benoît ESPALLIER persévère, améliore considérablement son style extraordinaire et original, davantage peintre que dessinateur, ses ensembles colorés d'une immense vérité poétique font penser au grand Utrillo ne serait-ce que par le climat de mélancolie et de solitude.

Peu ou pas de transcription optique mais une vision expressionniste tourmentée. Libération des structures, tons garance et fauves, blanc de zinc pour aube mystérieuse, racontent ses rêves et ses désirs et donnent à son imaginaire les prémisses d'une atmosphère intense et comme suspendue, en somme, l'idée d'un refuge, limpide, dépouillé, subtil et fantastique.

Le personnage est humble, modeste et parfois pathétique, ses émotions dominent leur sujet.
Sa manière de représenter son propre univers mûri toile après toile dans chacun de ses paysages urbains, thème constant et récurrent de sa peinture. Collectionneurs ! ne pas s'abstenir !

En résumé : du grand art.








Une nouvelle série de trois dessins réalisée par Benoît Espallier, futur lauréat du Prix biennal VESUNA de la création pour le patrimoine qui se déroulera le SAMEDI 16 Juin 2018, en compagnie de Ludivine Blanc de La Morinerie.

BENOIT ESPALLIER : La patience et la passion.

Un climat est né parce que la représentation des villes qu'il offre à notre vue est essentiellement une atmosphère que nous refusons, surtout si l'on possède tant soit peu le goût du rêve. Traversées par un souffle à la puissance énumératrice, chaque fenêtre, chaque porte étant à elles seules une succession d'un univers étouffant où l'humain n'est vraiment pas indispensable.

A l'épreuve du réel, le centre des choses représentées devient un matériau du langage symbolique, et c'est précisément ce centre qui nous intéresse, ce centre sans pouvoir, sans relations humaines, sans instincts inavouables, sans accidents de la vie, sans massacres fanatiques.

En effet, quoi de plus médiocre qu'une banale fenêtre sans mandragore captive hurlant au secours, quoi de plus bête qu'une porte fermée aux passants, aux habitants, et à leurs mouvements intimes..Et lorsque l'artiste s'efface derrière son oeuvre et ne s'embarrasse pas des circonstances du quotidien, rien, absolument rien d'abstrait ou de fictif ne peut être attribué à ce centre de choses.

Dans cette troisième série particulière de trois tableaux, nous assistons à une mise en scène qui va permettre au spectateur de construire librement sa propre geste.

Dans l'oeuvre naissante de Benoît Espallier ,il ne convient pas d'y chercher de la fantaisie ou de la connaissance, il faut juste accepter de se laisser guider par son goût du voyage intérieur.

JJ Dallemand
Doyen de l'Académie des Sciences, des Beaux-Arts et des Belles-Lettres du Périgord-Dordogne.





Un immense artiste beaucoup trop méconnu qu'il nous paraît judicieux de faire connaître à notre lectorat toujours attentif et soucieux d'entretenir la belle flamme artistique :

Raphaël DROUARD : 1894-1972 : Il fut peintre, dessinateur, mais aussi graveur, spécialiste des scènes mythologiques et religieuses, portraits, natures mortes...Ses sujets sont aussi variés que ses techniques, eau-forte, burin, pointe sèche ou gravure sur bois.

Contemporain du grand Maurice ALBE, tout aussi prestigieux.

Nous vous présentons une oeuvre signée DROUARD, issue de notre collection privée, il s'agit de sa fameuse "Eve future", créée en page de garde à l'intention de Villiers de l'Isle-Adam, oeuvre figurant en son célèbre ouvrage intitulé "L'EVE FUTURE" .....

Nous vous suggérons l'étude attentive de cette oeuvre graphique, réalisée en 1925, à mettre en comparaison avec le dessin "ALICE", signé ludivine Blanc de la Morinerie (âgée seulement de quinze ans), une artiste découverte lors des "Hivernales" de SARLAT, grâce au travail d'Exposition de l'animateur culturel Benoït Olive.

Ludivine Blanc DLM signe ici une oeuvre singulière,(parmi tant d'autres), un véritable poème-symbole, doté d'une quantité d'idées-mères et d'une qualité graphique originale et exceptionnelle. Ludivine, et son ALICE revisitée, montre ici la force symbolique de l'auto-portrait adolescent, nymphe mystérieuse, et presque mallarméenne, tant la puissance de l'intention résume à elle seule la magnifique sensibilité de cette jeune artiste en devenir.

Avec Benoît Espalllier, vous, nos lecteurs fidèles, vous les retrouverez  tous deux lauréats du Prix biennal Vesuna de la création pour le patrimoine, décerné le samedi 16 Juin 2018.
D'ici l'attribution du Prix biennal Vesuna, vous pouvez librement commenter notre article de présentation !


L'oeuvre signée Raphaël DROUARD
et à la suite, sur une autre page, l'oeuvre signée Ludivine Blanc de la Morinerie.....



Voir l'article consacré à R. DROUARD sur la page précédente, qui met en comparaison le récent travail artistique de Ludivine.



Françoise DUNESME

 09/01/2018



           
            

Françoise Dunesme

Ou le bonheur du dépaysement

 

Le style de Françoise Dunesme  pourrait être qualifié de « Figuratif imaginatif » :dans son œuvre ,les impressions de voyage côtoient en effet les attitudes animalières dans un environnement imaginaire dont l’approche n’est pas sans rappeler celle de l’art abstrait.L’objectif de Françoise Dunesme est de faire ressentir aux  visiteurs son bonheur d’allier rêverie,dépaysement et originalité

dans une recherche toujours plus approfondie de la difficulté.

Installée dans le Val d’Oise puis en Dordogne,elle se consacre pleinement à la création  d’œuvres personnelles ,avec une prédilection pour les harmonies colorées soutenues,sans négliger les fondus et les formes propres à improviser un rythme.Françoise  Dunesme  est à l’aise dans le maniement de l’huile et de l’acrylique,matières avec lesquelles elle apprécie d’inventer de nouvelles teintes,d’en varier l’intensité et la texture pour mieux faire partager une impression donnée.

De nombreuses expositions à Paris,dans le Val d’Oise,les Yvelines et en province lui ont permis de faire ressentir sa joie de créer sous l’œil averti du très digne braque hongrois ,Victor,et de l’espiègle chat de gouttière ,Patton ,ses deux premiers critiques.



         Contacter directement Françoise Dunesme sur cet article.




Un second tableau signé Françoise Dunesme :

Dans la série "Egypte"


Puis un troisième de la même série "Egypte"



                            
                      "L'Aprés-midi d'un fauve"
                             précédé de :
                        "Journal de choses"
Copyright Jean-Jacques DALLEMAND -  Novembre 2017 -
A paraître au printemps 2018.



            " L'Aprés-midi d'un fauve"

précédé de :  "Journal de choses"




Ce texte est destiné à être lu en public, mis en scène par un comédien, lui-même auteur, de préférence....
Le décor est limité ; Un fauteuil tournant, un porte-manteau et une table nue. Les éclairages ......en ombre et lumière.....

Le bonheur ? Oui ! Mais pourquoi faire ? (en voix off).....
Sous le Franc, le Germain, et sous le Germain, le Celte aussi, la roue tournait-elle dans le bon sens.....



"Le langage a été donné à l'homme pour en faire un usage surréaliste"
A. Breton
..

Octobre 1958 :

Le bon formulaire reste introuvable, il n'est ni sur la table de la cuisine ni sur un quelconque guéridon ni sous mon oreiller. Tant pis, je n'entrerai pas en sixième......Et si je ne peux pas devenir une grande personne, je deviendrai une machine...j'hésite encore....soit rester éternellement admiratif à l'égard de mon cher Pinocchio sans lequel je m'ennuie, soit devenir adolescent sous forme d'un futur sapeur, et gaffeur Camenber....
En tout cas, je pourrais me priver de nourriture quitte à ne penser qu'avec les mains , ou sans les mains, avec maman ou bien sans maman, mais, soyons-en certain, je ne me priverai jamais de lecture, sans cet encombrement de livres empilés...comment vivre ? Avec le recul , je m'aperçois que je venais de commencer mon long voyage au bout de l'ennui. Avec maman, nous eûmes, tout au long de l'existence, une relation analogue à celle entretenue par le professeur Moriarthy à l'égard de Sherlock Holmes.
J'étais Sherlock.

1959/196O
Je ne sais pas au juste l'âge que je peux avoir. Dans cette famille aucun anniversaire n'est fêté ...mon frère Jean-Pierre n'est plus là pour me renseigner. Je dois avoir un peu plus de onze ans mais pas tout à fait douze, je ne pense pas, je ne me lave pas, je dévore des paquets de biscuits, et parfois je vais jusqu'à mâcher le papier d'emballage, et je lis, je lis..tout en dévorant ces trop fameux biscuits Olibet achetés à crédit chez madame Gau, l'épicière de la rue du Pont Saint Jean, ...Dans l'état présent des choses, je ne possède aucun ami, personne ne me rend visite sauf pour tenter de me violer..... Moi, j'aime les arbres, les pierres, les libellules, les serpents verts, et les lézards, le chèvrefeuille et le taureau qui fait semblant de sommeiller en me regardant, dans les prés du voisin.

Je me sens exilé sur terre après avoir lu et relu de fond en comble "Demain il sera trop tard", un scénario-roman français signé Alfred Machard traduit de la langue italienne, comme la plupart des oeuvres de Machard, le plus italien de nos romanciers français.....
La fille et le garçon, ses héros, me semblent très proches, presque parents, peut-être cousins......leur passion me fait trembler........J'aurai froid toute la vie à cause de ma passion pour la création de personnages romantiques.

Là où les adultes veulent absolument ne voir que des carrières bien construites prédéterminées par leurs fantasmes et leurs regrets de joies perdues, moi je ne vois d'abord que des cercles...dans lesquels je ne veux pas me laisser enfermer...Je m'éloigne du monde adulte dans lequel je n'ai pas envie d'entrer, je n'y entrerai jamais. Je ne suis pas l'enfant que vous voyez, je ne suis pas moi, je suis "Lui" mais je suis le seul à le savoir.....

Tout mon univers n'était que cercle, en fermant les yeux je me croyais dans l'arène "pollice verso" de Léon Gérôme. Le samnite secutore debout, vainqueur du rétiaire, c'était moi.

                                  §§§§

1961
Prochain trimestre, journées d'épreuves, je suis candidat au certificat d'études élémentaires. Je ne sais toujours pas dessiner. Tant pis, je chanterai le "Chant du départ" du début jusqu'à la fin si toutefois l'examinatrice ne m'interrompt pas avant la fin. En attendant, j'ai déplié une vaste carte de l'hexagone où l'itinéraire du Tour de France s'affiche, c'est ainsi à l'économie, que j'entends enfin apprendre sérieusement la géographie... après avoir disposé une douzaine de centimes percés sur les grandes villes qui m'intéressent.
Chaque édifice renommé à droit à son centime, c'est mon code à cette époque. Le pont du Gard est encore à égalité avec les tables de Locmariacquer...N' ayant encore vu aucun édifice. -mis à part la Tour de Vésone, chacun à droit à sa pièce d'un centime...nous verrons plus tard l'importance que je leur accorderai dans la chronologie....

Jour après jour, je me laisse envahir par les odeurs d'encens, caché le dimanche matin derrière un pilier de Notre-Dame, je me raconte l'Histoire de France, mur par mur, plafond après plafond, tableau sur tableau.
C'est ma façon de vivre intensément ce que je viens d'apprendre la veille. Je n'y dérogerai plus jamais.

A part devenir instantanément général d'armée dès que la guerre d'Algérie sera enfin terminée, non, je ne me vois pas d'avenir vraiment sérieux.
Et plus bas, au creux de l'escalier de l'immeuble, un locataire sur son clavecin joue une fameuse sonate. J'entre en Mozart dès cet instant....

Je n'ai pas de nouvelles de Sylvaine S.......à croire qu'elle ne sait pas écrire.
C'est décidé, je serai condotierre ou rien.
Grâce à Léonard de Vinci, en attendant, je me renseigne soigneusement en écrivant au magazine "Historia", mon hebdomadaire préféré....acheté chaque jeudi sur le kiosque des Boulevards.

Cette année-là, je me souviens d'avoir appris à nager, à nager en me noyant à Barnabé sur les bords de l'Isle.

C'est décidé, jamais plus je ne ferai l'école buissonnière.....

 
A suivre ! 
J'adresse tous mes remerciements à mes fidèles lectrices (9O%) de mon lectorat, soit environ 4OO personnes par jour) auxquelles il faut inclure environ une douzaine de confrères éclairés......


1963-1964

Je m'apprête à interpréter le rôle d'Octave dans les Fourberies de Scapin, avec Jacques Lafont -Scapin- Vincent Fournier -Argante- et J.Lafaye dans le rôle de Hyacinthe......Mise en scène par André Gaillard.
Jacques Lafont est un élève de Jean Cocteau..
...

Etre les autres pour devenir soi-même, cela me tente fort.


1er Décembre 1964 :

Bienvenue au CFM Hourtin : "Ouvrez vos valises", mettez vous nus en rangs par quatre et présentez votre épaule droite à l'infirmière. Demain, nous ramerons sur un lac à moitié gelé. Tant mieux, je serai mieux ici qu'à la maison....
Je me demande souvent si les possibilités de devenir un héros en temps de paix peuvent être aussi fréquentes que dans les romans d'Alexandre Dumas. Disponible pour toute éventualité, chaque soir, en attendant que l'armée soviétique nous surprenne, dieu merci , l'Intendance nous sert des frites.

Mon père s'est plaint auprès du Pacha, sans doute le syndrome Sylvaine l'a t-il surpris....Sylvaine n'écrit pas....moi non plus je n'écris pas. Père me recommande d'être bien respectueux à l'égard mes chefs,  et voudrait-il susciter une vocation d'anarchiste qu'il ne s'y prendrait pas autrement. D'ailleurs, signe anti-conformiste pour l'époque, je reçois un disque 33t de Jacques Brel expédié par Jacques Lafont et je me demande ce que je fais dans cette caserne surpeuplée, malgré tout mon amour voué à ce lac gelé.

Jacques Lafont est ce poète qui signa ce très beau texte"Adieu capitaine, adieu beau matelot".......mis en musique par Jean Nathy-Boyer.
Et maintenant, parlons sexe une bonne fois pour toutes : oui, j'ai lu la Bhagavad-Gîta et l'inévitable Kama-Soutra, mais sans effets particuliers probants à moyen terme, j'avais à peine dix-sept ans, et, me semble t-il , le coeur scellé par des bouchons d'argile.

Mon bateau, l'escorteur d'Escadre "CASSARD" est à l'ancre à Naples, je verrai donc Pompéi.

                                 §§§


Mai-Juin 1968 /
Je ne suis pas encore démobilisé et je ne suis pas non plus Juif allemand. Je serai peut-être comédien.

Septembre 197O : Rien à signaler.
Octobre 197O : Rien à signaler.
Novembre 1970 : Mort du général de Gaulle. Je rachète un transistor portatif de marque Phillips;

1971 :
J'apprends à comparer les madones de Munch d'avec la dame au perroquet de Courbet et je vote Courbet, je vote aussi Ingres pour son odalisque, je vote également Goya pour sa Maya, je vote Léon Gérôme pour sa Galatée et ses baigneuses et ses esclaves.....
J'ai constitué mon premier jury. Je suis un ophtalmique qui s'ignore.

J'entends parler de Régis Debray prisonnier en Bolivie , et moi, j'ai honte, je n'ai même pas tenu le maquis ne serait-ce qu'en lisière de la savane en Guadeloupe... Or, qui n'a pas été maquisard à 22 ans a raté sa vie et je ne sais toujours pas si Ernesto Guevara avait bien reçu mon offre d'aide précieuse. En attendant une réponse hypothétique qui verrait le départ de ma vocation de guerillero, je redeviens chaque dimanche l'hôte de la crémaillère à Montmartre. L'orchestre joue du diabolique tango sans discontinuer.
Je me dis que cet orchestre doit être solidaire avec les rebelles Boliviens et Argentins.

D'évidence, le courrier ne doit bien fonctionner qu'au départ de France ?








1972-1973 :
 
Invité à une soirée d'information au siège du Grand Orient de France rue Cadet à Paris. Hasard ou malchance, je suis vêtu d'un polo à col roulé de couleur noire et affublé d'un tablier en peau de porc , évitant de justesse la peau d'agneau, je resterai sur les bancs trois années durant.

Et je vomirai, sous les colonnes, non pas parce que je fus un des plus jeunes directeurs de Maison des jeunes et de la Culture sollicité en France, mais parce que la fréquentation des Loges m'a très vite donné la nausée.
Il n'y a strictement aucune valeur philosophique en maçonnerie, en revanche, la proportion d'éditeurs véreux mais néanmoins beaux parleurs y foisonne au chapitre des prix.

Depuis, je vomis les Loges car ce n'est absolument pas le bon endroit pour comprendre et pratiquer les langages liés à la symbolique.....A moins d'être sur des postures d'arrogance ou bien homme d'affaires....auquel cas......
Plus tard, J'ai rencontré Liliane Martinez qui vient de travailler chez Planchon à Villeurbanne, je luis dois beaucoup, notamment mon admission, à l'issue de l'oral, à l'Institut des sciences sociales. Après Jacques Lafont, Liliane Martinez, je croise sur mon chemin de l'aventure Georges Coulonges, auteur du spectacle de la Commune, puis Francesca Solleville , et Marina Vlady qui m'ouvre à Tchékov et à la poésie de Russie, plus tard, Madeleine Renault et enfin Denis de Rougemont. Ils ne me quitteront plus désormais.
il manque à cet inventaire un autre être exceptionnel dont je ne parlerai qu'une seule fois.

Esprits dominants de l'autorité spirituelle guidant mes intuitions, je vous rends l'hommage qui vous est dû.
Très chers disparus, vous êtes mon ecclesia.

1977 : Vézère sacrée.
J'entre en connaissance. Je suis désormais un homme blanc attiré par le cercle noir des yeuses qui m'entourent.

Mon hédoniste esprit, s'il veut survivre, ne quittera plus jamais Tursac la Madeleine. L'esprit est né ici, s'est répandu en Orient sous la forme du Bouddha puis est revenu au sommet de Peyzac tout en haut de la côte de Jor.

"Ecarte les choses Ô Amant, ta voie est fuite" dit le sage..... Que vaut un homme ? Personnellement je sais que je ne vaux rien et je ne dis pas cela seulement pour faire plaisir à Ernst Jünger et Martin Heidegger réunis au Panthéon des maudits.

"Dasrein"...oui..mais avec qui ?! Je suis un homme sans qualités, et j'y tiens.

Alors, j'ai commencé à psychanalyser les contes de fées, j'ai conversé avec Charles Perrault et Collodi et j'ai jeté Sigmund Freud aux orties, ne conservant qu'Oedipe et le malaise dans la civilisation, et par-dessus tout, vouant à jamais une seule et immense gratitude à l'égard de Collodi/ Pinoccchio. je suis entré dans un néant d'où je ne sortirai plus.

Je comprendrai plus tard que l'exploration systématique du monde intérieur ne peut permettre que l'éclairage au néant....

                        1977-1987 Je deviens presque adulte

1987 :

 

Quatre jeunes femmes membres de ma famille -mes soeurs- m'accueillent sur le quai de la gare Termini de Rome ; Ginevra Benci, la Belle Ferronnière, la Dame à l'Hermine et Mona Lisa. On ne choisit pas sa famille.....

Cette galerie de chères soeurs par alliance m'est très chère, inévitablement, je me sens renaître surréaliste à chaque séjour à Rome.
Je rêve de loger rue Stendhal ou tantôt boulevard Moravia ou avenue Fellini. Mais, comme de coutume, ce n'est pour l'heure qu'un rêve.

Jacques Lafont ne m'a pas violé, il a tout de même introduit Prévert, et seulement cela tandis que je ne m'y attendais pas le jour de mes quinze ans. Il n'était pas Jean Cocteau et je n'étais pas Jean Marais.

Rome inspire de belles sensations si l'on songe que le cinéma du XX° siècle à Cinecitta y trouva son couronnement. Mais le cinéma italien est aujourd'hui moribond. Giuletta Massina/Gelsomina n'a pas survécu à la révolution de l'art du néo-réalisme.

Je vais chaque après-midi lire Pirandello au Centre culturel Saint-Louis des Français jusqu'au jour à la bibliothécaire insiste pour me raccompagner m'avouant dans un souffle qu'elle sait qui je suis. "Qui suis-je donc ?! "Un agent secret, je m'en doute" affirme t-elle sans sourciller.. Et dès lors, chaque fois que j'ouvre "Nouvelles pour un an" de Luigi Pirandello, il me vient à l'esprit les aventures du Troisième homme.......Je n'habite pas dans ma tête, sans aucun doute...
.

Maria P******** a débuté la traduction de ma pièce théâtrale "le désordre ou Nasica".......l'original est depuis en possession de mon plus jeune frère, devenu Milanais. Il achève son dôme.

Aujourd'hui, Fellini vient de mourir, tandis que les papes  eux, sans vergogne, tranquillement, se succèdent, ils sont remplaçables et infaillibles.

Fellini est aussi infaillible qu'un pape, mais en revanche irremplaçable, lui.

                              §§§


 

 

 


199..........

J'ai cru un instant, pouvoir -sous prétexte que je vis à contre-courant- intéresser mon prochain en imaginant une sorte d'école destinée aux analphabètes. Hélas, mes nobles intentions ont été perçues un peu trop évidentes aux yeux des décideurs politiques de l'époque, qui probablement voulaient m'expédier, au mieux aux galères, au pire, ad patres.  

Et lorsque les caprices d'un créateur d'idées obscurcissent le protocolaire immobilisme de l'horizon politique du département, il advient que L'homme décidément ne peut que se  métamorphoser en un dérisoire mirage.
Mais, bien entendu, mirage ou non mirage, la métamorphose peut devenir soudain davantage qu'une nécéssité, et par exemple, une vocation. C'est le paradoxe du comédien revisité..
...

"Vous avez vingt ans d'avance mon vieux, partez-donc en Amérique" ! là-bas vos idées plairont sans aucun doute, et quand on vous dit "idées" mieux vaudrait dire à votre sujet : "considérations intempestives"....

C'est ainsi que les frustrations imposées aux hommes d'action vont, par génération spontanée,  engendrer la race des philosophes.

"Le dandy doit aspirer à être sublime sans interruption, il doit vivre et dormir devant un miroir" affirme Oscar Wilde, et j'en conviens, ainsi, désormais ai-je décidé de consacrer à la réflexion l'essentiel de mon temps, au creux d'espaces où le fait de nager à contre-courant, loin du troupeau moutonnier, ne risque pas d'entraîner la noyade. La conscience du voyage intérieur sera désormais mon miroir. Et parce que l'idéal d'un miroir consiste à réfléchir, donc à long terme, finir brisé....

J'ai, depuis, définitivement rompu avec l'idée du bonheur.


                                §§§







 

 


19**

Courte adresse à mon frère cadet J***-P*****

Je voudrais -trente années se sont écoulées- te parler de mon inclination naturelle à me laisser glisser sur le douloureux itinéraire qui conduit vers l'état détestable de nostalgie consumante. Je ne suis ni pessimiste ni optimiste. Je crois que je suis artiste né pittoresque. C'est comme si un sentiment de vide ressenti depuis que jadis tu as été placé d'office à l'Internat d'Eymet en Dordogne , absorbait ma conscience.

Le poids du vide et la sombre tristesse du gynécée , à mes yeux maudit, ne remplira jamais la toile, malgré toutes ces années écoulées .Toi qui savait déjà si bien dessiner les formes et les couleurs , j'aurais aimé quelques échos de ton art mosaïque, quelque tableautin, quelque pavement reconstitué par tes soins, à la pointe de ton stylet, avant que tu ne partes pensionnaire au collège d'Eymet.

Hélas pour l'histoire fraternelle enfantine, la maison du Pont Saint-Jean n'était pas la Villa des Mystères, et le Bergerac des années 6O, flagellum maternel mis à part, était loin d'être semblable à Pompéi l'unique.

                                      §§§

1991/

Annus horribilis. J'ai vu la ville d'Urmiè, la patrie de Zarathoustra en même temps que le Kurdistan pris sous le feu des gaz mortels...Trop d'orages durant cette décennie. J'ai cru voir mon frère disparaître dans les cieux, tel Romulus, emporté vers le le mystère après trente-sept ans de règne. C'étaient des vies, c'était des frères humains.....C'étaient des Kurdes, surtout des Kurdes.

"Notre berceau commun fut paraît-il garni de lames de cuivre sur lesquels sont des caractères à-demi effacés, qui peut-être un jour pour nos parents, seront un signe d'une reconnaissance inutile quand nous ne serons plus"...écrivit..Plutarque, à propos de Romulus....
.

Nous aussi, nous étions deux frères. En t'éloignant, tu m'as tué, mais tu as eu raison car je t'ai fait trop de mal. J'étais trop jaloux de tes succès auprès des gens de la famille. Il n'y en avait que pour toi, toi l'ordonnateur de la chasse aux oeufs de Pâques sur la prairie du Moulin fleuri, toi, l'adroit lanceur de balles, toi le favori.....Toi le visionnaire, moi l'errant, le mal-aimé dit si bien Guillaume Apollinaire.

Curieusement, "Alcools" fut le premier ouvrage en version livre de poche que tu m'offris, non sans avoir au préalable inscrit JP en page de garde.

1991 suite.

Après avoir conçu la mise en scène de Georges Dandin au théâtre "Fémina" de Bordeaux, me voici scénographe partenaire de la lionne Monique Peytral sortant de Lascaux II à l'issue de douze années de cloître.

Erection artistique entre elle et moi..mais sans autre dimension ni coloration pâteuse ou liquide propre à enfanter une licorne lascaunienne....Je n'eus pas envie du statut d'esclave torturé pour l'amour de l'art, attaché sur un trépied par les sortilèges de ce nouveau Parrhasios réincarné en monstre pariétal.

Par crainte sans doute de finir tel un morceau de manganèse broyé sous un furieux pilon, j'invoquais l'abstinence subitement, contraint de terminer mon testament intitulé "Carina et ses chats"

Depuis lors, je ne rêve plus en rouge sang, tels ces pigments hématite ayant, in-extremis, échappé à ces destins si souvent échus aux carpes et aux lapins....

Je l'avoue, je ne suis pas assez fort pour accepter l'esclavage. A la rigueur vivre en Indien Navajo héroîque sur ses terres quelques instants dans une vie, oui, peut-être, à la condition d' éprouver la gloire d'en chasser définitivement Texaco et son marché de l'uranium, mais jamais ô grand jamais ne se résigner à mourir sous forme de poudre hématite, fût-elle Lascaunienne.

199*

Relu cette année-ci la plupart des ouvrages sur le sujet de l'enfance. Depuis Renan jusqu'à Christian Signol, en passant par Emmanuel Clancier, Antoine Sylvère (Toinou), Daudet, (le Petit Chose) , Jules Renard et son fameux Poil de Carotte, Marcel Aymé et ses contes du Chat perché....revenant à Bernardin de Saint-Pierre (Paul et Virginie) Eugène le Roy (Jacquou le Croquant), Alain Fournier (le Grand Meaulnes), puis Hervé Bazin (Vipère au poing), terminant la série par Le Petit Prince de Saint-Exupéry, les Hauts murs d'Auguste le Breton, sans oublier mon cher Pinocchio de Collodi qui sera mon livre de chevet favori, et le reste encore aujourd'hui.
C'est bien ce que je disais, il n'y a pas d'enfant heureux.
Pourquoi l'aurais-je été ? ou bien peut-être, seuls les enfants heureux sont ceux qui ne lisent jamais ? Et l'enfant que je fus, enfoui sous des kilos de livres fit inévitablement naufrage, loin des terres de la félicité, parce que dès l'enfance je me mis à lire sans cesse plutôt que de me lancer dans la passion des jeux de ballon....

Lire est à la fois ma vertu et mon déclin. Le livre est mon navire, un navire échoué en pleine (mère) mais un navire tout de même. Le mal de mère n'est pas uniquement dévolu aux navigateurs de métier.
Bien que loin des océans, j'étais donc condamné d'avance à m'évader ou sombrer....

M'évader n'importe où mais hors de ce monde, hors de ce quartier peuplé de romanichels sauvages , batailleurs et suant la haine et champions de football, hors de cette ville sans théâtre, hors de ce cercle familial qui interdisait toute lecture sous peine de perdre la vue !

199*

Je suis revenu vivre quelques semaines au creux de la cité des mille et un débris, ici, au pied de ces sept collines, ici où la Louve allaita Rémus et Romulus. J'y reviens uniquement pour le plaisir des yeux, en hommage aux efforts du sublime Michel-Ange. J'y reviens aussi parce que Rome est la cité des chats.

J'ai pris le temps nécessaire de voir à l'intérieur de Saint-Louis des Français le sublime tableau du Caravage mentionné par Sylvaine O**** dans le fameux ouvrage -signé Dominique Ponnau- qui lui est consacré.
Michel-Ange et Caravage, deux humains-divins, m'ont enseigné la ferveur. J'ai reçu de leur part une sorte d'illumination. Avec un peu de patience, j'aurais pu enfin voir de près les caves du Vatican compte-tenu de ce que chacun d'entre nous doit à Gide, autre génie évolutif s'il en fut. Lui aussi vaticina...
.

Le Gide dont j'admire le style lumineux, véritable Traité permanent des sensations, est un Hercule de la pensée narcissique, proche parent en écriture philosophique du grand Marc-Aurèle probablement, en raison de ses aveux livrés en filiation directe...Et cette année-là :

J'ai écouté s'écouler la divine trinité : Pavarotti, Carreras et Domingo aux thermes de Caracalla, et dès lors, j'ai souhaité ardemment ne pas perdre l'un d'entre eux, de crainte de perdre mon père véritable, un père trinitaire, choisi par mes cinq sens.....

2O**
A défaut d'avoir vécu au siècle de Baudelaire et Delacroix, j'ai commencé de vivre au siècle de Gide et de Dali. Vous ne le savez sûrement pas ; à mon plus vif regret, je n'ai croisé aucun des quatre ; mais je pense souvent à ce qu'ils pourraient me dire du climat philosophique d'aujourd'hui . Parfois , l'impression diffuse de faire partie intégrante de leur univers excite les pensées et donne le goût de saisir la gomme et les crayons à papier. Leurs trajets respectifs donnent à la vie du vrai, du beau, de l'harmonie, et aussi des larmes, et l'écho de leur génie guide souvent mes soupirs....

Chaque printemps en France me ramène inexorablement dans ce village, au pied de cette église , là où pousse un lilas mauve. Il y eut, dit-on, jadis une brave femme chargée d'étaler une jonchée à l'intention des jeunes mariés de Montastruc.... depuis le parvis de l'église jusqu'au pont-levis du château, et, triste présage , les fleurs, en cette froide saison, paraît-il, gelèrent avant que l'aurore ne s'étale.

Sauf l'enfant de choeur réquisitionné, il y eut un chat. C'était son chat, celui de l'enfant de choeur, et il ne tenait pas à s'en séparer, quelles que fussent les circonstances...guerre, famine, enterrement ou mariage. Sous l'aube de l'enfant, tant que la messe dura, les fidèles entendirent miauler. De quelle essence ces jeunes mariés étaient-ils donc ? étaient-ils vrais amateurs d'art ? Avaient-ils l'intention préconçue de faire naître un esclave de l'art ou bien ne songèrent-ils, après tout qu'à l'urgence de se réchauffer en cette drôle de saison où le climat du Périgord livre à l'admiration du monde ses plus belles pépites, que l'on appelle : les truffes.

Aujourd'hui, je voudrais guérir de mon ignorance, j'ai amplement l'âge maintenant. Prenons cela comme une confession avouant par là-même que j'aurais aimé être doté d'une mentalité de Légionnaire de l'esprit. Dans le fond, en réalité, je ne suis qu'un ordinaire matelot soumis au tangage et au roulis de mes réflexions. Mais qui pourrait sans efforts et sans contrainte prétendre entrer en art par la simple opération du Saint-Esprit.

L'art est toujours le résultat d'une contrainte nous dit mon incontournable Gide en son merveilleux recueil "Prétextes".
Penser en artiste....ne fût-ce qu'une pensée.....une seule......


2O12.

Un vide abyssal dû -pour cause de mort- à l'absence définitive de mes trois chers disparus , me fait remonter en un flux ininterrompu, tous les signes du destin extérieur exécutés à mon intention....Ce destin extérieur se présente tel un fantôme injurieux, son visage est celui de la douleur et les chaînes qu'il exhibe empêchent de dormir à tout jamais. Mes trois chers disparus n'iront plus, comme trois fleuves d'Aquitaine , rejoindre mon océan.

La douleur n'existerait pas si nous pouvions la définir et ne pas la subir. Qui es-tu donc douleur, de quelle essence supérieure es-tu faite, de quelle autorité supérieure dépends-tu .....et comment par ta présence invisible ose-tu prendre une place qui ne te revenait pas de droit. Degré par degré, le vide résume à lui seul la vérité de la monstrueuse mission qui est la sienne. Par une absurde et diabolique opération connue de lui seul, le vide incréé et sa nature arbitraire se saisissent de trois humains exceptionnels, jusqu'ici vivants, dont le seul crime fut d'aimer.

Mais le vide , cette autre vie, n'est-il pas une hérésie, tout comme l'idée d'émigrer sur la lune, par exemple. L'autre vie est à l'image de cette mère spartiate donnant elle-même son bouclier à son fils : "Reviens dessus ou dessous", mais ne fuis pas le combat.....A moins d'être philosophe et non pas guerrier.
Et vous trois....: Jacques Lafont, génial acteur, maître de la rime, grand initiateur... Liliane Martinez , noble et digne femme venue , via Villeurbanne, de la rouge Espagne, et toi, Mijo, la servante au grand coeur, émule de Sainte-Thérèse d'Avila, sachant ton Baudelaire sur le bout des doigts, vous avez tous trois rejoint l'autre vie, les espaces vides, me laissant sur terre ignorant orphelin, me laissant homme de trop, homme foudroyé, en somme, un homme sans qualités.

Je suis las de faire l'Homme.


2O1*
Filles folles, mes muses....

Sur ces entrefaites, je retrouve chez un bouquiniste, non sans une certaine délectation, une magnifique édition du génial romantique, Alfred Machard, et son fameux "Demain, il sera trop tard", qui entre nous, adapté pour le cinéma, avait reçu le Prix du meilleur film italien ainsi que le Prix du meilleur scénario.
Traduit en langue italienne sous le titre "Domani é troppo tarde".....Ma première lecture date d'octobre 1958, moi aussi, j'aurais voulu sortir de l'enfance par ondulations mais un demi-siècle écoulé ne m'a pas permis d'y parvenir. Je viens , tel un maître Fifi du Moyen-Age de vidanger un demi-siècle d'aveux car ce que l'on dit de soi -dit Renan- est toujours poésie, et, dois-ajouter sans vanité aucune, tant mieux si tant est qu'il soit possible d'éviter toute posture de vanité en jouant au petit saint bien humble.
 

Alfred Machard a été mon premier inspirateur, et si, aujourd'hui, j'écris "Journal de choses" à l'intention des comédiens, je crois que je l'ai déjà dit, eh bien, le comédien, c'est aussi moi , bien que je ne sois pas le personnage décrit d'un bout à l'autre du récit , par le simple fait que je supporte très mal la poussière des marronniers. Quand à m'offrir des madeleines, il n'en est pas question.

Certes, je suis l'auteur, donc un comédien.... Un auteur, quel qu'il soit n'est-il pas fatalement un comédien ? d'abord et avant tout un comédien, un comédien attardé , sans doute , mais comédien inexorablement car la vérité n'est jamais son affaire.
Pour être un, il est cent personnages, et les muses ne sont après tout que des filles folles.

                          II° PARTIE
                 "L'APRES-MIDI D'UN FAUVE"


 

 

 

 

DEUXIEME PARTIE :
                    L'APRES-MIDI D'UN FAUVE

Certaines vérités, prétendument révélées par quelques races parasitaires de fonctionnaires ennemis de l'art, donc gens inutiles; ces vérités, dis-je, pour pathétiques qu'elles soient, surtout lorsqu'elles sont habillées d'arguments "logiques" n'ont que rarement fait bon ménage avec l'univers des arts, en général, et de la littérature en particulier, mais foin des fonctionnaires et des contempteurs de l'art, entrons de plein pied dans le vif du sujet.

Proust, à l'instar de Sigmund Freud, Proust, ce grand descripteur à la sensibilité si féminine n'a fait que se mentir à lui-même, rappelons-le ici. A moments perdus, entre deux tasses de thé, il aurait pu malgré tout donner quelques leçons au maître de la peste dans le domaine du songe-creux et de l'art de s'écouter penser sans en faire profiter l'humanité.

D'un côté du miroir, Proust au maniérisme bien articulé et de l'autre, un Montaigne spontané , intuitif, observateur, n'hésitant pas, sans se lasser, à produire de la réflexion sensée. Proust, au fond, produit de belles ombres, tandis que dans la forme littéraire de son oeuvre, seuls les lecteurs, juristes oisifs dans l'âme, trouveront chez ce Saint-Marcel matière à souffrir davantage. Même ses pâtisseries ont mauvais goût.

Chez d'autres maîtres, engagés dans leur vie sociale, que ce soit chez Gide, chez Mauriac le faux croyant et vrai dévot, ou chez Renan l'érudit, le particularisme de leur style évolutif est à retenir; leur style révèle à la fois la qualité de leurs convictions et la force de leur pensée. Par leurs engagements (Gide en Russie, Mauriac dans ses fresques illustrant les vices de la bourgeoisie bordelaise, Renan ayant pour mission d'éclairer le lecteur à l'aide de son rationalisme critique, et de sa relecture aventureuse du christianisme, aucun des trois n'a cédé à la facilité d'infuser de la fausse sincérité si bien offerte par Proust.

Proust, sur un plateau d'argent, afin que les amateurs d'auto-flagellation puissent enfin avoir accès au refoulement, nous a servi une anthologie du décor indigeste à portée de main, une sorte d'Acropole de sensiblerie alchimique.

Sur la scène du monde de l'art, la littérature, la philosophie, la spiritualité, la peinture, l'art en somme, et ses pratiques n'offre, il faut le dire, le plus souvent que du mensonge.et de l'illusion et c'est ainsi, peut-être , que seuls les personnages humains à fonction théâtralisée, sur la scène de l'existence, le temps d'une représentation d'une soixantaine d'années sont animés d'une quelconque vérité, s'ils n'oublient pas le recours à l'ironie....
.
L'Homme est mensonge. L'animal est vérité. Entre les deux, il y a l'ironie.

(corrections effectuées sur ce chapitre -  Mille excuses chères lectrices) !


II.- Chapitre


Que ne suis-je né pierre, ou bois, chèvrefeuille ou mieux encore, tout simplement sous forme de créature idéale à contempler : disons : chat.
Le chat ne subit pas la vie des hommes, il l'impose aux hommes. Il peut , le cas échéant, l'offrir à l'humain, tandis que moi, nourrisson attardé jusqu'à l'âge de sept ans, seul le roulement grinçant de la toupie de bois en ces années 5O pouvait m'éveiller. J'aimais être cerné de tous côtés par ces cloisons ripolinées jaune citron , affichant des reflets gobelins vert-épinard...Le bon goût absolu...
.

N'étant pas né chat, mais assez familier des chatières, je ne voyais qu'une seule issue, enjamber en rêve les toits pentus de la rue Huguerie, et, tel un chat, que je ne suis pas encore à cette heure-çi, mais dont j'ambitionnais la condition, j'imaginais courir jusqu'aux grises potences américaines des quais de Garonne, afin d'y respirer les odeurs de café mélangé au relents de poisson portugais.


Nous n'osions pas désigner,  ne serait-ce que du doigt, ces potences perdues sous la grisaille, pas plus que les appeler grues, parce que l'appellation suggérait la connaissance des filles folles de joie : celles que l'on disait grandes arpenteuses de Mériadeck et de la pluvieuse et mal pavée rue Sainte-Catherine. Il y avait, en cette première moitié du vingtième siècle, la mode bordelaise, dite des Chartrons, où les finales pointues du beau et distingué langage si cher à Mauriac, n'étaient que pudeur et rougissante confusion.

Pour nos Dames de France, et les enfants de Sempé, il n'était pas encore question de s'aliéner l'opinion d'autrui. 




III.-

 

 

 

Le chat, lui, bénéficie d'une dispense qui lui économise son grand tour du monde et des continents, il ne portera jamais ni col bleu ni pompon rouge quatre années durant..Il n'ira pas vivre aux Amériques chez les indiens Apaches Navajo pour y découvrir le salut au soleil. Aucun chat de la génération "Jock" n'aura , hélas, éprouvé, au temps où j'étais humain , davantage que moi le désir de mutation. Et je tiens à dire , à l'heure de sublimer mon désir de m'enchater , que nul n'est responsable de sa propre métamorphose...

Alors, je dis , sachons, désormais révolu le temps des chevaliers. Posons l'armure et le phallus inutiles, décrispons-nous. Et pourquoi, sinon refuser bêtement les joies de la métamorphose, autre choix, ne pas devenir subitement fou à lier ? J'ai une envie subite de livrer un modèle de ma folie, avant que je ne vous confie le procédé insolite de ma métamorphose en cours d'étude. Premièrement, je dis que les artistes capables de s'introduire au creux des souterrains de Font de Gaume et de Lascaux étaient des fillettes, voyez à quel point je suis fou, et j'ajoute que, tant que nous y sommes, l'image Dieu pourrait tout aussi bien être du genre féminin, un principe féminin où si l'on préfère, une intentionnalité....

Ce nouveau caprice, je l'exprime alors que l'homme anti-artiste, n'admet pas encore que Dieu, puis le monde , puissent être réellement une très jolie femme, une femme en soi, à double nature évidemment, chose qui n'existe pas dans le réel, sauf si Gustave Courbet nous y invite.

....Ces pauvres hommes banalisés, plaignons-les, surtout s'ils ne connaissent pas Courbet, engoncés dans leur conformisme béat, ainsi, comment pourraient-ils comprendre grand-chose au monde qui les entoure, à moins que seul un Freudien hérétique et transgenre ne leur mette ce postulat à portée de raisonnement. Au titre d'ignorant, de prédateur d'idées, d'ex-mauvais mari, bref, de Dyonisien presque accompli,  je leur dis : il ne suffit pas d'entrer dans l'ordinaire du fou heureux de ses croyances et de ses superstitions, mais plutôt de tenter l'impossible, c'est-à-dire l'audace absolue. Sur les traces de Darwin fidèle à son message, si possible, évoluons...dépassons-le, et en vitesse.
.

En résumé, qu'est-ce qu'un audacieux ? sinon un fou qui n'a pas encore été reconnu en tant que tel.


 IV.-

 

 

 

 

 

Sur ces entrefaites incitons chacun à cesser un peu les adresses par trop respectueuses à "Monsieur le Monde " et à son créateur supposé , jusqu'ici nommé arbitrairement par les délirants individus monothéistes : "principe masculin"...
...

Voyons plutôt "le Monde" actuel et son "Dieu" tel que nous le percevons faussement, maintenant avec un autre regard, et que notre réflexion nous incite à lui accorder, non par galanterie désuète, mais plutôt par nécessité philosophique, une nouvelle identité, plus conforme à notre temps.
Je verrais bien un principe en forme de papesse, ou en robe d'avocate, ou en tenue d'huissière, la matraque de C.R.S. bien en main ou mieux encore sous le képi de générale de la Légion Etrangère...Voilà ! .Ne vous ai-je pas bien démontré, dans mon cas, mon noir désir d'ambition et le bien-fondé de mon renoncement à l'itinéraire de la folie?
S'il ne s'était agi de ne considérer l'esprit féminin créateur qu'uniquement sous la forme d'une infirmière ou d'une star de la chanson télévisée, cela eût été tomber bien bas. Maintenant à compter d'aujourd'hui, je déclare : le "Monde" est une chimère et "Dieu", un principe féminin. Ne dit-on pas, à juste titre, une planète, une terre, une jouissance ? Par pitié, assez de Dieu masculin n'ayant crée que des famines, des guerres, des ouragans, des républiques et des hommes, voyons plutôt la toute nouvelle réalité. Jetons aux orties une fois pour tous ces Vichnou, El et autres Allah.

L'homme de ce siècle aurait mission unique de n'exiger aucun partage du pouvoir. Seule la contemplation de l'univers serait son unique destin dans la recherche du savoir-jouir enseigné par "Dieu-Femme", en tous domaines : nourriture biologiquement saine, soins attentifs, gracieuseté et superflu de bonne humeur....juste pour nous remercier.....





V.-


La flamboyante lueur signée "Dieu-Femme" portait son principe organisateur de l'univers, ainsi (ce qui n'est pas donné aux hommes) que la capacité de créer de la métamorphose instantanée; et voici pourquoi le statut de mortel de base m'échappait. Adieu esthète d'occident, adieu Denis de Rougemont, Adieu Georges Bataille... bonjour croquettes et caresses.

Voici sommairement extrait de notre conversation l'essentiel de notre dialogue de sourds :

Monsieur le chevalier,  au nom de la mort de l'âme, au nom du Diable, au nom d'une nouvelle planète sans engrais chimiques "
- J'ai noté deux à trois petits détails entrevus dans ton esprit malin : TOI le mélancolique, l'artiste : tu m'as depuis trop longtemps traitée de femme de ménage des enfers, ravalée au rang de chose inexistante. A tes yeux, je ne serais qu'une vulgaire appellation symbolique , une vieille image défraîchie à l'usage des attardés mentaux ?

- Sous les traits d'une espèce de Némésis sinistre et lascive.....soit dit sans vous offenser.

- Si tu peux, alors tu dois admettre , c'est pour ton bien, tu dois admettre dit-elle, que ta démence ordinaire accouplée à ton spleen pénétrant, représente parfaitement l'épicentre de ton problème sur la terre colonisée par la pensée d'un Dieu unique, et par convention masculin. Dis-toi que la contemplation de l'art, et à plus forte raison, la pratique de l'art, eh bien, tout ceci ne te vaut rien. Je t'ai vu, au pied d'un MURILLO, en transes, victime , comme Stendhal le fut en sortant de Santa-Croce, pétri de maux de tête, et dis-toi bien que tes évanouissements à répétition me furent insupportables. Au lieu de t'agenouiller au pieds de Murillo, incline-toi vers moi, moi, Némésis.
Elle reprit son souffle divin : " Pis encore, tu t'es mis à penser, à écrire, à rêver, à produire de l'étude et de la réflexion heure par heure. N'es-tu pas à la fin fatigué de gaspiller ainsi ta libido pour finalement contribuer à me détruire ?! Pourquoi ne m'as-tu donc pas comme le fit Gustave Courbet offert une dévotion formelle ?!

- Je me le demande.

VI-

 

- Jusqu'à manifester, le savais-tu, tous les signes propres au Syndrome de Stendhal, mon cher ami aveuglé par ta passion des monuments et des abbayes...Je te vois sous les porches et les narthex, t'évanouir cent fois par an. Ah! vous les hommes! quelle audace ! Vous ne renoncerez donc jamais à vos fantasmes sataniques de folie esthétique ? Sache que j'avais de meilleurs plans pour toi l'artiste, crois-moi sur parole divine. Au reste, je m'en vais te fournir un autre magasin d'images auquel tu ne t'attendais pas en cette fin de journée d'automne.

- Oh sainte patronne des anges et de la volupté promise, dites toujours !

- Je te vois plutôt dès l'aurore, fraîchement castré, rampant à quatre pattes , cueillant à foison les pommes d'automne et les carottes des jardins d'Eden tandis qu'une écharpe de brume t'enveloppe en guise de couverture, et que le cliquetis des pique-boeufs en accompagnement musical ravira ton petit coeur.
D'un battement de cils diabolique, rejoignant le troupeau, aux limites de ton enclos, tu mendieras ton foin, et ainsi comblé tu pourras braire à n'en plus finir. Ne t'es t-il pas apparu, pauvre innocent solitaire que les prairies sont faites pour le confort des ânes et des mulets ? Bientôt castré, je compte bien ainsi t'épargner à jamais le doute et la douleur.

-Je ne dis pas le contraire.

VII.-


 


Elle reprit son souffle divin : " Pis encore, tu t'es mis à penser, à écrire, à rêver, à produire de l'étude et de la réflexion heure par heure. N'es-tu pas à la fin fatigué de gaspiller ainsi ta libido pour finalement contribuer à me détruire ?! Pourquoi ne m'as-tu pas donné ta vie ? toi l'artiste ennemi juré des barrières morales, te sens-tu prêt à renoncer à toute prétention d'acte créateur de verbe et d'images ? me souffla t-elle en une haleine chargée de soufre, n'en as-tu point soupé de ta folie d'artiste ? Suis plutôt mes conseils à la lettre, fais comme je fais, abandonne tout orgueil créatif -et peut être un jour, mais nous n'en sommes pas là- ajouta t-elle avec le plus grand sérieux, un jour tu pourrais devenir, non pas Dieu-Femme, car ton degré de vanité est par trop insuffisant, mais en revanche, tu pourrais certainement accéder à un niveau de compréhension supérieur, c'est-à-dire, le niveau maximum d'intelligence que tu pourrais atteindre, soyons franc, le niveau femme en somme, peut-être, Pas Dieu-Femme, n'exagérons pas, mais disons femme. Serait-ce une espérance à ta portée, non, j'en doute fort. Bats ta coulpe l'ami ! à défaut, sois âne ou chat, dis ta préférence, tu seras exaucé. Et tu ne connaîtras plus jamais ces horribles évanouissements dont j'ai horreur......




Chères lectrices, pour des raisons d'ordre technique, je suis contraint d'utiliser une autre page, d'une part pour vous présenter la fin du chapitre VII et, à suivre, le chapitre VIII.  Mille excuses !

Suite du chapitre VII.-

- Oui madame , je vais me recueillir sur vos ordres, merci de m'inculper, mille grâces, ce n'est pas une mortelle qui se le permettrait. Vous me voyez sensible à l'honneur de me faire honte de mes talents humains.. Et puisque votre toute-puissance d'architecte de l'univers incarnée en Dieu-Femme daigne m'adresser la parole, eh bien, ma foi, répliquai-je, quel inconvénient y aurait-il à suivre vos ordres ? aucun, je ne vois pas de contre-indication. En résumé, Madame, mise à part la folie et son renoncement, quel serait au juste le chemin à suivre ? en tant que chat, cela va sans dire. J'aimerais autant m'appeler "Miaou". Et s'il vous était loisible de m'éviter l'asinerie et ses fâcheuses conséquences ? Réflexion faite, le risque de se faire traiter d'âne par des mulets ne m'enchante guère. En revanche pour ce qui est de la castration....N'auriez-vous point en stock autre chose de moins chirurgical dans votre magasin d'images ?

- Je te l'ai dit l'ami ! je te tutoie, ne m'en veux pas, compte-tenu de ton cas si particulier il me paraît urgent d'accélérer ton entrée en métamorphose..Mais bon, chat tu veux être, chat tu seras ! mais chat castré, autrement, de ton humaine folie tu ferais encore des petits, et de ton ancien humain bonheur, des adeptes, hein? et le bonheur, pourquoi faire ?!...bien qu'en principe, jusqu'ici, la question du bonheur des peuples était gérée par la Commission des Grands Flandrins mystiques et non pas par mon prédécesseur (l'autre tache)...
..

- Quel genre de Flandrins ? dis-je en hébreu.
- La Commission était composée du genre Saint-Paul, Saint Thomas d'Aquin, Saint Augustin, Anne Saint Clair, Bernard Kouchner, Bernard Lévy, répondit-elle en italien.
-

Sacrée petite ironiste sans tabou, à-peine régnante, déjà ironiste..
.

Fin du chapitre VII.

Chapitre VIII.-


Désormais, je prends ton destin en main, fais-moi confiance, tu seras chat, la castration te sera profitable, tu n'y couperas pas! j'ai dit. Autrefois, dans ton existence, bonheur égalait folie, folie égalait spleen."...Elle mettait le doigt sur mes plaies saignantes. "En vérité, je te le dis : renonce à la condition humaine l'ami, renonce mon fils bien-aimé."-m'asséna-t-elle en allemand. Je vais t'enseigner le savoir-jouir.

Mais comment , naïf que j'étais, je m'en rends compte aujourd'hui, à l'heure de passer chat....comment ai-je osé vivre confortablement la vie d'artiste, joueur en permanence réfugié au creux de de la folie ordinaire.....sans souci du qu'en- dira- t-on , avait à son époque finement remarqué Henry Beyle, évoquant les moeurs dévotes des habitants lors de sa visite à Bordeaux.

- Homme ! -reprit-elle- à la fin du fin, te sentais-tu capable de trouver en toi le courage d'accomplir l'acte du suicide volontaire ? aurais-tu osé, vivre dans la joie l'expérience esthétique solitaire, comment l'aurais tu interrompue ? Y aurais-tu mis un terme fatal ? tout comme y parvint Mishima , ce virtuose du verbe de l'Orient lumineux, ce chantre du oui au masque de la mort , ce royal confesseur Gidien de l'absurde achevé.  Es-tu Japonais l'ami ? Saurais-tu manier le sabre avec autant de dextérité qu'il ne le fit ? Toi qui ne sut même pas aiguiser le plus élémentaire canif de poche ?

- Ah Madame ! en aucun cas je ne tiens à demeurer homme plus longtemps. Cependant, pour vous faire plaisir, à l'extrême rigueur , je peux admettre de me faire partiellement castrer, puisque mon nouvel état l'impose. Mais, quoi qu'il en soit, j'ai parfaitement bien perçu la cohérence de votre discours tout empli de bon sens et, sans vouloir vous flatter, je dirais qu'il était grand temps pour vous, Madame Dieu , vraiment grand temps d'accéder au pouvoir suprême. Je vous en conjure, Sérénissime, guérissez-moi de ma folie, castrez-moi, moi, dont l'esprit Casanovesque et l'humour Sternien vous indisposent tant, enfouissez- donc sous les plombs l'ignoble libertin qui se permit à deux reprises d'abandonner Justine pour Juliette avant d'adopter in-extrêmis la petite Gitane de mon cher cousin Cervantès

Le laborieux voyage face au miroir de la conscience humaine allait s'achever ici, au beau milieu de ce pré communal de mon vieux village.

Chapitre IX.-

 

 

Et c'est ainsi qu'à titre définitif d'ex-humain, ventre à terre, certainement à cause de mes fâcheux penchants pour le rêve éveillé, j'ai enfin rejoint le village tant aimé où des jeunes étourdis, posèrent leur bicyclette un soir d'été, puis enfantèrent sur la paille sèche et odorante, l'humain adulte que je fus brièvement naguère. Alors, ne supportant plus cet état intermédiaire entre l'animal et la nature qui me fut attribué malgré moi en ce soir d'été, voici qu' Il me devint soudain nécessaire, de me soumettre au rêve intégral, à l'onirisme sans freins ni regrets, volontairement, aidé en cela par les conseils judicieux de Madame Dieu-Femme , (il y a toujours une femme dans nos rêves) .....Mais là, dépouillé de tout vêtement, j'étais prêt à subir l'ultime métamorphose que ce rêve m'imposait, j'allais hériter d'une fourrure de chat noir et, qui sait, entrer dans la prestigieuse lignée figurant sur les bas-reliefs ornant les chambres funéraires deThèbes et de Menphis....
.Et puis, les chats n'ont pas nécessairement un besoin impérieux de famille....
.

Je vous raconte : seul acteur du rêve, perdu dans cette cave de la maison-forte dite de "L'escogriffe", solennellement, après m'être recueilli selon ma formule de l'homme en-soi, j'entrepris avec soin de rouler mon siège curule sur le tapis fleurdelysé, du très vieux bois en noyer de combe-capelle, tout aussi bien ouvragé que s'il se fût agi d'un retable de cathédrale. Ainsi, héritai-je de la pose seigneuriale, la seule convenable, face à l' immense pilier de pierre, une sorte de poutre de gloire verticale, bien construite par mes ancêtres mégalomanes, afin de mieux vous torturer, vous, les innocents vivant à l'ombre de vos fortunes mal acquises.
Imaginons , surmonté de deux oreilles, une sorte de phallus gigantesque de forme circulaire à la base, en son milieu et au sommet, belle pièce d'architecture médiévale assez fréquente en nos contrées, car c'est en cet endroit précis, en celliers et caves sombres, que nous, seigneurs de la contrée, paraît-il, devions rendre justice. En cette France occitane, pays de Mauriac où l'on croit réellement à l'existence des dieux, est juge qui veut. Soudain, en une fraction de seconde, grâce à l'intercession de Madame Dieu-Femme, je fus désormais rayé de la liste des humains au sens où vous, les chasseurs de chats , les contre-faiseurs de l'Histoire, les crédules et les charlatans de toutes obédiences vous pourriez l'entendre.

Fort Heureusement , lorsque j'étais encore humain, je me suis abstenu d'écrire un second traité de Narcisse, magistrale restriction prémonitoire qui m'autorise, chat que je suis enfin en passe de devenir, à vous résumer tranquillement ce que sont désormais mes sentiments à l'égard des humains.

Depuis mon nouvel état, voici désormais, sans fard aucun, mes écritures automatiques. Au titre de personnage "humain", je vous ai raconté mon "Journal de choses", au titre de chat, vous lisez "L'Après-midi d'un fauve"....





CHAPITRE X-

Venant des mémoires humaines, ou venant de nulle part, ou bien d'une autre partie invisible, ce qui souvent revient à peu près au même, j'appris deux choses essentielles, la première chose fut de deviner à n'importe quel moment de la journée l'heure juste qui me contraignait à torturer mon prochain, et l'acte infâme auquel je me livrais sans retenue consistait à poser une très banale question à la victime ; "Quel livre lis-tu ces jours-ci" ?
De toute façon, je ne supportais pas les montres au poignet parce que l'écho du tic-tac m'agaçait au plus haut point. Ma perception du temps devait être de souche gréco-romaine. Je ne voyais le temps que sous fond d'azur, un temps qui nous confesse les débris de la gloire liée à l'histoire d'une ancienne vingt -et-unième province impériale.

Offerts aux regards, les sombres et ardents cyprès de Vesuna, humbles serviteurs de leurs maîtres; les graves pins parasols, ils étaient mes aiguilles. Enfoui sous la solennité persistante et hiératique des chênes-verts séculaires, naissait ici un langage. C'est dire à quelle catégorie ornementale de bourreau, jadis, par mes pères, j'appartenais.

La seconde chose vécue, sans être passé par la cité mariale, fut le miracle du calcul mental. Pour le calcul mental, ce fut tout aussi simple, je m'éveillai un beau matin, bien décidé à ne rien apprendre à l'école, et aussitôt, sur un tableau noir, des multiplications et autres opérations incroyables me furent livrées sous forme de solution acceptable. Idem pour l'écriture, la lecture, et aussi la pensée. L'école ne m'a rien appris, pour une bonne raison, je n'y allais pas. j'étais aux vendanges d'automne. Pinocchio n'allait pas à l'école, moi non plus. Laissez-moi rire, disais-je, l'Ecole ? mais pourquoi faire ?! N'est pas "libido sciendi" qui veut !

Tout est venu comme ceci, sans rien demander...je vous en prie, n'en éprouvez aucun dépit, c'est ainsi. Le fait d'avoir été méritant, ou non méritant, n'a pas à entrer en ligne de compte. Il fallait, en ce qui vous concerne, en faire autant. Prédestiné à vivre selon mes instincts, prédestiné à recevoir la visite inopinée de madame Dieu, prédestiné à la métamorphose, j'étais né bien fatigué de cet état intermédiaire entre la nature et l'animal, et au fond, la récompense que me livre madame Dieu , bienvenue , tombe à point nommé,je suis obligé de le reconnaître. De toute façon, selon le jugement posthume d'un bon millier de déesses infernales, en tant qu'humain, je ne valais, paraît-t-il, pas grand'chose....
..

Aujourd'hui, mon ".JE ", suivez bien le raisonnement, mon "JE" est devenu "J'existe" en tant que chat, et mon MOI est devenu sur le champ ex-humain, c'est-à-dire plus rien du tout. Chacun d'entre nous , un jour ou l'autre, doit admettre l'incapacité d'être à la fois fauve et humain pas plus qu'il ne soit possible d'être en même temps papier mâché et plume sergent-major, décor de la Flûte enchantée signé Friedrich Shinkel et suppôt d'art contemporain. A présent, je suis en passe de devenir chat, et "je ne me regrette pas" J'étais humain et je ne le souhaite à personne, me voici fauve, et je le recommande à tout un chacun. L'après-midi finit bien.
C'est que, voyez-vous,
on ne naît pas forcément chat, mais, tout de même, la preuve, on peut le devenir.

Et voici à ce propos, traduites approximativement de la langue de chat quelques réponses en alexandrins conçues par le nouveau chat "libido sentiendi"....

              TROISIEME PARTIE

 

 


Paroles de chat , extraits de son Cantique :

I.- SONNET POUR UN DRAGON

 

Dans l'troupeau jacobin j'étais juste caporal
En pays ragondin on s'nourrit d'cailloux
Mais dans l'armée du Roy je devins général.
Amis, cousins, parents, frères de sang et de biniou

L'ennemi désuni, courons vers Sainte-Anne.
Valeureux chevaliers, Bataillon de Vendée
En selle et au galop ! Régiment Bretagne,
Celtes , Francs ou Germains, Huns premiers de Cordée.

Sénéchaux et prévôts, promettons la gloire
Aux vivants et aux morts. Grenadiers, victoire !
A tous nos écuyers, un ciel gaélique.

Dragons et voltigeurs, expédions en enfer
Le rebelle et l'impie par le feu par le fer;
La valise et ou l'cercueil, vengeance héroïque !


juin 2016
II.- L'OMBRE D'AVITUS :

Passant aux idées légères, que les ouvrages de la nature
procurent à ton coeur la paix selon tes voeux,

Que ce décor champêtre, nos fontaines
Nos lavoirs désormais guident tes pas......
Et si, malgré la peste et le barbare, nos pierres répondent
A ton âme, lève les yeux mon ami...

Par Saint-Avit et sa clémence,
Que nos hivers te soient doux,
A présent, les souhaits de ton enfance
Dès lors s'offrent à tes envies....

Que le temps des bâtisseurs te soit familier...
Aujourd'hui, beau sire, l'ombre d'Avitus
Couvre tes haillons..et..change tes désirs,
Afin que tu penses et vive ici......

Epouse mon ami, notre vaisseau de pierre,
Vois ! ton chemin commence là !
Désormais mon ami, sois preux, loyal et hardi.



III.- A UN MOULIN NAGUERE FLEURI

Adieu persiennes bleues des siècles précédents,
J'ai grand pitié de vous, vous jadis ailées
Transies de lumière par dehors par dedans,
Passoires des étés et gardiennes zélées.

C'était un moulin à aube :
Mais de vos gonds rouillés orphelins du lavoir
La mort n'en voudra guère...
La mort n'en voudra guère.

Vieux moulin du Caudeau, vos marronniers sont niais.
Et mon chat gris enfui a emporté la clé,
Ici, la menthe ment, pour rien mon coeur n'y est.
Piano gisant ouvert, la boucle est bouclée.

C'est un moulin du crépuscule
Mais vous, mes chers regrets, orphelins du manoir
La vie n'en voudra guère,
La vie n'en voudra guère.

 


IV.- CONJUGAISON

 

Au bas d'un clocher-mur, le coeur déjà flétri
Le héros a six ans et le sol deux mille ans....
L'enfant de la guerre coule, pleure, meurtri,
Sous pisé, calade, faux pavé de Milan.



Il était et sera pierre sur le chemin
Né racine sous terre, saule ou pie des prairies
Ou fraisier de jardin sur coteau Pey-carmin,
Enfin, la vie le fit prince sans armoiries.

Et, seigneur sans château, idiot du village,
Bien qu'errant va-nu- pieds, devint bon sabotier,
Puis maître-forgeron, caché sous feuillage,
Du genre poète, crapaud de bénitier..
.

Toi ! souvent supplié, cher diabolique spleen,
C'est ici en ces lieux, au creux de ce vallon,
Une croix de marbre, à l'ombre de Pline,
Oui, là ! c'est bien ici, le prix que nous valons.

ici ou là, cent ans déjà; l'herbe pousse...
Oui chers amis sans toit, vous ne m'écoutiez guère
Ni Cupidon salaud, sur son lit de mousse
Avec petit bateau courant sur son erre.....

Cupidon , étourdi, a trahi m'a t-on dit
Epuisé ou vaincu par le mal de vivre
Dont les gamins chenus (et poète maudit)
Le soir se délectent. TOI ! je te délivre.


V. SILENCE

Entre église et château, la jonchée de cent pas,
Maigres fleurs de l'hiver. Sur l'autel ; MURILLO;
Et tout près, le donjon qui vomit son trépas,
Et ce ruisseau coulant, c'est un bief, c'est un rio.

Tous disent aux passants, amis de vos villes ;
Eh ! ma foi restez-y ! Et puis que nos sabots,
Notre langue de buis, nos coutumes viles
Nos cantons rustiques à nos yeux restent beaux.

Arômes de bouse, vestiges tant aimés,
Ô très pieuses senteurs, revenez, je vous prie !
Que l'on me rende aussi, du collège d'Eymet
Ma blouse tant honnie et ma vertu sans prix.

Bécasses des marais, drôlesses des banlieues,
Rieuses à clochettes, vachettes d'Amsterdam
Sur vélos vert-de-gris, pourriez-vous à cent lieues
Vos miasmes transporter ? Silence Mesdames.

Silence. Silence. J'avais deux frères en vie.
L'un Breton, l'autre Anglais. De la belle enfance
Sans manteaux, sans biscuits, sans véritable envie,
Ne restera hélas que remords d'offense.

Trop ami des souris, surtout le matin,
Je fus un chat griffeur, mal-aimé, batailleur,
Grand seigneur, raisonneur, en un mot byzantin,
Pour chat de gouttière, l'humain est fossoyeur.

 

J'arrête ici mon récit, ou plutôt mon enquête ; ensuite, je suis mort, et depuis, je suis heureux.


31 Décembre 2017
Au pied du Moulin-Fleuri
CopyrightJean-jacques Dallemand

 

 

 

 

 

 

 

 







Henry Millon de MONTHERLANT

Afin de satisfaire les lecteurs si friands de MONTHERLANT, nous vous proposons une courte confession de cet auteur qui, à ce jour, recueille 775O lectures.


Il y a un temps où le mot progrès signifiait amélioration. Aujourd'hui, il signifie changement, ce changement fût-il un recul manifeste.. 

Extrait du paragraphe "La mort de Caton", in "Le Treizième César", sous-titré ROME ET NOUS : collection nrf .
Volume probablement disponible chez les bouquinistes avisés !




















                                   1895-1972

  
                     Personne n'a dénoncé plus durement que MONTHERLANT, le fléchissement moral de la France entre les deux guerres : sentimentalisme, chimérisme, goût de la facilité. En regard, il érigeait l'exemple de l'homme indépendant, lucide, énergique, au besoin cruel, ayant le sens de l'honneur, l'estime de soi et l'estime de l'autre, de la fraternité virile à la guerre ou dans le sport, et dédaignant 'l"Hamour" qu'il réduisait à n'être que sensualité.

C'est même, selon Montherlant, parce que l'Occident moderne, et notamment la France, accordent trop aux féministes, qu'une morale de midinette et de l'ennnui s'est substituée à la morale du guerrier.

A dénoncer la sentimentalité féministe (oui féministe) il y a consacré les quatre volumes des Jeunes Filles.

Donc, il faut recherche la grandeur !!!!! et tout ce qui exalte l'élan vital et le culte de l'énergie.  Montherlant est en ce sens un brillant élève de Frédéric Nietzsche. Au titre d'ancien combattant il fut secrétaire général de l'ossuaire de Douaumont.


Si nous  apprécions MONTHERLANT, dans le même rayon, Michel de Saint-Pierre (les écrivains) et Jean de la Varende (les manants du roi). Et plus près de nous, dans la même tradition : Jean Raspail (Sire) à ne pas manquer....  (En livre de poche chez tous les bons bouquinistes)        



Nous vous présentons une des gravures les plus énigmatiques de Dürer. Il met en scène une jeune fille que la créature marine tente de séduire.

Dürer, grand initié à la compréhension, à la lecture et à la représentation graphique et picturale de la symbolique, nous présente sous l'apparence de ce "monstre" , l'expression de ses passions dévorantes. L'artiste n'est jamais un prédateur.....


Cette allégorie de l'indifférence (et l'interprêtation que je vous livre)  est un de mes chefs-d'oeuvre préféré. On ne se lasse pas de le contempler, et de l'admirer. 

A noter que Dürer aurait, d'après nos recherches, réalisé environ sept auto-portraits...dont le premier à l'âge de treize ans ...

Nous sommes à la recherche d'autres éventuels auto-portraits que nous n'avons pu à ce jour recenser.



MEILLEURS VOEUX !

 02/01/2018
Chères lectrices abonnées à la Revue du Patrimoine; grâce à la petite fille de Madeleine qui depuis 2009 héberge notre Revue artistique et littéraire, l'audience ne cesse de croître et d'embellir.

Fidèle à notre éthique et à nos règles exigeantes de publication, nous avons bien entendu l'art culinaire, en particulier comme référence, intégré dans l'Histoire de France. 

Restons, cette année, avec Certiferme, encore soucieux de répandre la connaissance auprès de celles et ceux qui y sont attachés, qu'ils soient producteurs de nos terres, restaurateurs ou consommateurs.

Tous mes voeux pour 2018 !



Librairie "les Gargouilles à Bergerac"

Autour de : "Le Cinquième dragon ailé" , deux après-midi et conférences en soirée, bientôt en février !

LES GARGOUILLES

7 Rue Buffon - 24100 Bergerac
05 24 10 31 98

du mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h
 

Les Gargouilles - Librairie ésotérique Bergerac

 





Les Gargouilles, librairie spécialisée à bergerac.




gargouilles situ 01gargouilles situ 02

gargouilles ensemble 01gargouilles ensemble 02
Librairie ésotérique
Dans nos rayons, vous trouverez tout pour vos recherches spirituelles.
gargouilles librairie 01gargouilles librairie 02

Esotérisme – Accompagnement spirituel
 


Vingt lettres poétiques et ésotériques adressées à VESUNA, déesse tutélaire......Avec une postface signée Tristan Ghy et une oeuvre picturale signée Jacques Teulet.



Entouré des nouveaux membres reçus à  l'Académie des Sciences, des Beaux-Arts et des Belles-Lettres du Périgord-Dordogne :

Georges Labrousse, auteur d'ouvrages de guerre et Florence Darignac (voir article dans nos colonnes), ont procédé à l'élection de Peter Hodges -auteur Australien-  dont la réception se déroulera le samedi 16  Juin 2018.


A noter que le jeune dessinateur prodige Benoît Espallier a été désigné futur lauréat du prix jeunesse Vesuna de la création pour le patrimoine, cérémonie qui se déroulera a la même date en France.


Un ouvrage signé Florence DARIGNAC :

"UNIS VERS FLORA"




Avec une préface signée de votre serviteur....



Patrick François humoriste et compagnon d'aventures de l'Académie des Sciences, des Beaux-Arts et des Belles-Lettres du Périgord-Dordogne.

Contrepéteur distingué, créateur de jeux de mollet et poète improbable...fantaisiste invétéré, très dur à arrêter !
Ses ouvrages sont un véritable remède contre la morosité ambiante !





de Georges LABROUSSE :

du mercredi 2O au samedi 23 décembre : sur l'espace SOLE VINO à Bergerac :


                    
Histoire de Justin Descombes :


Georges LABROUSSE

 14/12/2017
Notre magazine du patrimoine vous présente notre confrère Georges LABROUSSE :

Présent à Bergerac entre le mercredi 2O et le samedi 23 décembre - de 1OH à 17H en dédicace, à la rencontre de son public sur l'espace SOLE VINO - 49 Rue Bourbarraud :

En compagnie de Jean-François MARCHIENNE, Florence DARIGNAC et votre serviteur, autour des oeuvres picturales de Françoise DUNESME, Marcel CALEIX et Benoît ESPALLIER......avec Jonathan  BARBOT, reporter et photographe d'art à la renommée incontestable.
les couvertures des 3 ouvrages disponibles vont vous être présentées à la suite !

Histoire de Justin Descombes
Fatale rencontre 





<< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 >>

 

J'invite un ami à créer son blog
 
Votre prénom :
Prénom de votre ami :
E-mail de votre ami :
 
Message :