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"Les Fourches patibulaires" : La centième inconnue

 14/03/2019
A paraître sous le titre : "Les Fourches patibulaires"  


                La centième inconnue

                         

Texte adressé à ma muse et uniquement à ma muse : Dame philosophie, lorsqu'elle n'entend plus rien à la géographie poétique....

Madame la muse,

Las d'ouïr mille fadaises
Dame je sais tout sur tout,
Cent remarques mauvaises
Et prêt à penser partout

J'exile vos lieux communs
Oui cruelle je bannis
Vos gros mots soldats défunts
Maudite armée de vernis.

Oh tocsins vindicatifs
Pour mariage/naufrage !
Honte à vous les adjectifs
De poupe à proue, outrages.

Il est courbé sous le joug
il est poète contraint
Dans un angle de l'Anjou
D'offrir à Zeus un quatrain.

Ah ! certes ayant dû bêler
En subit-il des procès !
Jets de sort à du Bellay !
Suffit sorcière ! Assez.

Ah que ne dus-je endurer
Par chance ma Pléiade
Du feu l'on put retirer
Mais adieu ma Franciade.

Ma librairie en fusion
Sous vos nerfs en pelote
Fut canonisée à Sion
Merci ! filles de Loth.

Tenez ! je suis -paraît-il
Le roi des alcooliques
Un niais -benêt- peu subtil
Un baudet domestique

Tout juste bon à mener
Par la bride, le licou,
Un être vil. La Mennais (1)
Oui, m'eût pendu par le cou.

Inventeur d'anecdotes
Lourd manant de Périgueux,
Au bûcher Hérodote
Eût inscrit "ci-gît un gueux".

Diminuer mes vertus
Ah! m'inculper d'idiotie,
Nier ma chère virtu,
Pourtant, ne suis-je messie !?

En tout cas pas Yeschoua
Et dès aujourd'hui d'ailleurs
Le marginal s'échoua
Loin du troupeau, loin des pleurs.

Mon cénotaphe -dieu-râ-
Sera bientôt colline
Classée "orant/gisant-sûtra"
Pyramide câline.

En foule mes détracteurs
Oubliant leur vieux Gange
Transis aux pieds de l'acteur
Pleureront Michel-Ange.

Sous l'autel taurobole
De mes cendres couvert
Recueillant les oboles
Direz au diable vauvert

"Confiez" gourou le sommet
De ce crâne monument
A l'écrivain Mahomet
Sans le troubler, posément.

Des serments inutiles
Apres et vains il y avait
Et "LUI" qui se mutile
Vers la Mecque, ou bien Yaveh.

Boucs célibataires
Prenez garde fainéants
Si demain grabataires
Vous embrassez le néant.



(1) La Mennais -célèbre prédicateur-


CopyrightjeanjacquesDallemand
Septembre 2010
reproduction interdite sans autorisation de l'auteur.



Mes Seigneurs égoïstes
Laissez ici Pythagore
Et ses clés talmudistes
Et palais en Périgord.

Puis de chaumière en mairie
Tel ce rameur canotier
Courtisez frêle Marie,
De mendiant, faites métier.

Que l'or ou l'espérance
Ou le gavage de l'oie
Eclaire vos âmes rances,
Que vaisselle fasse loi.

La discipline et le fouet
Elle s'y connaît la garce,
Et la laine et le rouet
Si vous n'êtes curé d'Ars.

De l'aube au crépuscule
Vous serez chaîne d'étron
Un Jean pisse-édicule
Cabot réduit au seul tronc.

Et du rang de mémorial
Favori de la Reine
Premier buste à l'Escurial
Tombé bouc aux arènes.

Il fut Prince du canton
Preux docile in-octavo
Huit mesures de bâton
Maréchal à Sarajevo.

25/99




Si je n'étais déjà bouc
Je partirais pour Légion
Casser du Viet, du Mameluk
Voir Djiboute et sa région.

Legio Patria Nostra
Sous ton drapeau ; "liberté".
J'ai juré casa nostra
Képi blanc fidélité.

Je trinque chez Lucifer
Joue ma peau aux dominos.
Moi, ma Kro (1)est mon enfer.
Place ! Héros ! Fuyez minots.

Légionnaires d'Aubagne
Larguez la tante Margot
Laissez vos femmes au bagne,
Tête droite. En vrais Goths.

Demain c'est Camerone
A nos armes. A nos morts.
Que jamais les matrones
Ne  nous imposent le mords.

A mon unique passion
Le maniement des armes
Je vous le dis en confession
Je boufferai mes larmes.

Caporal à Kolweizi
Sur tout champ de bataille
En Afrique ou en Asie
Conservez vos entrailles.

Vous le voyez madame,
Moi mon passé m'habite.
Ah ça par par Notre-Dame !
Votre maison je quitte.

(1) Kronenbourg évidemment !




Vos mystères et malices
M'amputent au ciseau pointu.
Vérité la Palice
Mon rêve se prostitue.

Oui. Souvent me prêchâtes
Vers minuit -sans fanal-
D'adopter une chatte.
Drôle de jeu infernal...

Si j'en crois votre credo
Raide massif intraitable
J'aurais dû jusqu'au Prado
Courir sus à l'étable.

Jeter aux orties l'oeuvre
De mes nuits sans lueur,
Et du beau porche d'Evreux
En réviser la couleur ?

Vous l'antique Médusa
Ignorez-vous le secret
Dont la vraie Mona-Lisa
S'émancipa par décret ?

C'est le dessin de mon dos
Replacé horizontal.
Falaises du Calvados ?
Non. Aveu fondamental.

Mon cul par vous négligé
Estampillé Florence,
De l'Appenin enneigé
Devint la récompense.

Lors, Vasari biographe
Casanova archiviste
Munis d'un stylographe
De mon cul firent un christ.

Je dis ; vous avez perdu
Le trésor de l'Italie,
Votre remords éperdu
Enfin dit merde à Thalie.


42/99



O miette de cervelle
Tranchante, dogmatique
Féministe excrémentielle
Halte au feu hystérique.

Sans compas ni équerre
Munie d'un court fil à plomb
C'est la Tour Mataguerre (1)
Votre génie, votre aplomb.

J'étais Romain épanoui
Vivant sur mes salines.
Un beau crapaud ébloui
Banni par Messaline.

Si cet homme prophète
Amoureux de poésie
Eut le goût de la fête
Vous n'aurez que son sosie.

A l'abri de la gloire,
Là sous les pins du Forum,
Livré à la mémoire,
Pour linceul ; un vélum.

Quoi encore ? la lune ?!
Ah mais attention : détours !
L'astre piqué de dunes
Offenserait vos atours.

Vous fûtes loi muette
Magistralement ruche.
Si gracile, fluette,
Et d'aucuns diraient : cruche ?

Qu'importe, disons, roseau.
Ce n'est déjà pas si mal,
Et je n'ai pas dit oiseau,
Plus tard le monde animal.

Me vouliez-vous frère-convers ?
Bref, modèle d'utopie,
César vainqueur à Nevers ?
Peste soit la gent harpie.

(1) Tour Mataguerre -célèbre Tour médiévale à Périgueux.

50/99




Nous eûmes jadis sergent
Un Maure bien singulier
Certes intrépide régent
Mauvais soldat...parolier...

Dans l'art et la manière
Vous fûtes son disciple,
Experte en étrivières
D'où mon goût du périple.

J'en ai soupé madame
De vos propos acerbes.
Fin prêt de rendre l'âme,
Pis, d'épouser un Serbe.

Ma chère, votre opinion
Votre belle chaumière
Arborant tous ses fanions
Certes gentilhommière

Ceci-cela converge
En sinistre combustion.
J'hésite, je diverge
Je regagne mon bastion.

Je vous vois femme d'Emir
En soumise d'un Sidi
Aux alentours d'Izmir
Loin de Gaule, d'Amadis.  (1)

Affichez-leur ce masque
Tragique, rageur, d'onction.
De votre bain en vasque
Jetez-leur malédiction.

Enseignez aux gens d'Islam
Le baptême de Clovis
Son destin sous la lame
Et symboles chez Puvis  (2)


Or, moi, le bouc sans talent
Au faîte de ma colline
En bon Gascon truculent
Je relirai Céline.


60/99

(1) Amadis de Gaule (roman de chevalerie lu par l'Illustre Cervantès avant d'écrire)...

(2) Puvis de Chavannes -Peintre symboliste d'importance.


Ou bien ;

Exilé à Buenos-Ayres
Pour Tanguero d'abondance
Sur trottoir de courant d'air
En Milonga... je danse.

Ainsi soit-il...

Maint poète d'aventure
Votre portrait eût dessiné
Sans brouillon ni rature,
En vain se fût échiné.

Tout idiot que je fusse
Mirandole (1) ou Machiavel
Je tenais à mon phallus
Et n'en veux point de nouvel.

Jamais ne me castrerez
Ni par Dieu ni par Maître.
Quant à Diane de moitié
M'en voici quartier-maître.

Marin pour la marine
La mer est mon épouse.
Librairie Mazarine
N'en sera point jalouse.

Librairie vous détestez
Et poêle (2) davantage.
Fuyez le divan, ôtez
Confidences à péage.

Sautez du Pont d'Arcole
Et de Michel Onfray
Rejoignez-donc l'Ecole
Sans pousser de cris d'orfraie.

Le climat de Normandie
A votre teint propice
Empêchera l'endormie
De finir à l'hospice.

Caen, ses pommiers, la Seine
Ces Flaubert , ces Maupassant
Conviendraient à vos scènes
A vos fantasmes en passant.

(1) Pic de la Mirandole
(2) Le poêle de Descartes

69/99

Listons un peu vos laïus
Cessons d'ébranler l'âme,
Suis-je fils de Laïos
Ou bien Narcisse en flammes ?

Mon saint-prénom : J. Golo :
Epave à la dérive ?
Oedipe sur-mégalo
De l'Ecole de Brive ?

Trop de termes désastreux
Quolibets... palabres
Et sarcasmes de Chartreux
Au galop sous le sabre.

Accouplés à Lucifer
Aurais-je dû relever.
Que de penseurs en enfer
Dévoyés, dus-je sauver !

La mort du penseur
Je le sais, j'en suis certain
Donne au griffon -vous- censeur
Le terne éclat de l'étain.



74/99

Pour guérir ce pauvre hère
Quoi de plus beau qu'un auroch...
Là serpente Vézère
Tombeau figé dans le roc.

Cette chambre bestiaire
C'est Font de Gaume unique
Et ton dernier vestiaire
Lecteur mégalithique.

D'ici je vous adresse
Rue Pestre numéro trois
Photo du Père Florès (1)
Dont l'esprit bâtira Troie.

Naissez belles empreintes
Pour Virgile et notre Enée,
Voici la chouette peinte
Aujourd'hui abandonnée.

Absente des mémoires
Facture si archaïque,
Jetée hors de l'Histoire
Décret évangélique.


(1) L'homme de Florès récemment découvert.

78/99

Fatigué de vos leçons
Eternelles rengaines
Et saturé par le son
Je quite la Guyenne.

Pourchassé par vos sermons
Je fuirai la montagne
Lassé de Vénus démon
Je m'en vas chez Montaigne.

Ah Dordogne natale !
Trop bien pourvue d'Ecossais,
Laissons beauté fatale
S'épuiser. Dernier Essai.

82/99

Ces questions invalides,
Logique intimidante,
Analyse bolide ;
De quoi perdre son Dante.

Avec Sigmund placebo
Vous suiviez à Monoprix
L'élève Lacan nabot.
Ah oui ! l'amour dans le prix..

Théorie des jeux de maux
Imposteurs et disciples
Belle invention des jumeaux,
Fables à servir quant il pleut.

Rescapé à peu près, hop
De ces rêts de charlatan,
Ce fut un horocope
Narcotique au vent d'autan.

Astuce colossale
De madame Elisabeth
Pour gogos de Pigalle
Aux abois. Sombres bêtes.

L'épouvantable inconscient
M'a rongé d'urticaire
Jusqu'au totem déficient.
Ah ! tabou d'antiquaire !

Du serf, en guise de plat
Parodie étrangère
A l'usage des pieds-plats
Ce valseur exagère.

A Vienne en ses terrasses
La morale sioniste
Vos goussets débarrasse.
Un vrai cirque et sa piste.

Résumons le Freudisme :
Un compte à dormir debout,
Suez perçé de l'isthme
Censé nettoyer la boue.

Depuis Charcot menteur
Louant ses comédiennes
Et mister Freud bon docteur
Comédie quotidienne.

Au Théâtre Châtelet
Houdini -sans hypnose-
Sous l'Angélus de Millet
Guérissait, virtuose.

Et l'on applaudit Dolto
Chapelet balivernes
Enseignant sur les tréteaux
Que lire en Jules Verne.

O mânes de Dyonisos
Père de notre Destin
Fais renaître damoiseau,
Reparlons d'Hergé,Tintin.

L'univers philosophe,
Le culte des images
Et le beau temps pictural
Tel est mon équipage.

Je ne tiens pas de meeting
Ignorant le paraître,
Ennemi du marketing
Mais grand ami de l'être.

Au sortir de Sixtine
Grande, belle extase,
Je te dis Byzantine
Cité, rappelle Phidias !

S'il te plaît, d'abord Monet
Exposé sous tes cintres,
Que peste soit la monnaie
Et la Bourse et ses prêtres.


Copyright Jean-Jacques Dallemand
"Les Fourches patibulaires"



A paraître en édition :  Avril 202O   









 

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